mercredi 20 juin 2007
26è édition de la fête de la musique
Les artistes Béninois s’approprie enfin l’événement
Deux géants podiums sur l’esplanade du Stade de l’Amitié, ce jour jeudi 21 juin et le samedi 23 juin. Tel est le
programme de la célébration de la fête de la musique à Cotonou. L’édition 2007 de la fête est coordonnée par Richmir Totah, président de la Fédération des Associations d’Artistes du Bénin, (Faaben).
Sessi T.
Ils ont pris eux-mêmes l’initiative de s’inscrire dans la logique de la fête de la musique. Ils veulent faire de la musique et offrir le meilleur d’eux aux populations béninoises. Une fiesta populaire en sorte. C’est ce qu’on voulu les artistes béninois, cette année pour corriger les mauvais tirs des éditions passées. Il n’est plus question pour cette corporation de se laisser mener par une administration, qui calque des manifestations hors concept.
L’ensemble des artistes musiciens sous la coordination de la Faaben a décidé de donner deux concerts gratuits avec plus de cinquante artistes par plateau sur l’esplanade du Stade de l’amitié. Un programme, qui selon Richmir Totah, président de la Faaben a reçu le soutien du Ministère de la culture, qui accompagne totalement l’initiative des artistes de la chanson au Bénin. Il s’agit d’une initiative, qui ne s’arrête pas seulement à Cotonou a précisé le Président de la Faaben. Pour lui les artistes des différentes localités du Bénin prendront le relais suivant une planification de leur choix. Toutefois la fête de la musique de cette année recevra un cachet spécial, car le discours officiel du ministre de la culture sera prononcé lors du premier géant concert de ce jour. Un changement positif auquel il importe de souligner, quand on sait que les différentes autorités en charge de la culture s’y dérobent à chaque occasion, laissant les artistes à leur propre sort. Dans cette marche, l’organisation de la fête de la musique 2007 au Bénin a reçu aussi le soutien de la Mairie de Cotonou et de la Société Béninoise de Brasserie. La fête sera donc populaire avec toutes les sonorités ! Un rendez à ne pas rater.
Autres détails sur la fête de la musique
Une fête de toutes les musiques pour tous les publics
Elle mêle tous les genres musicaux et s'adresse à tous les publics, avec pour objectif de populariser la pratique musicale et de familiariser jeunes et moins jeunes de toutes conditions sociales à toutes les expressions musicales. Elle est l'occasion de dialoguer librement en musique.
Une fête gratuite et ouverte
Les musiciens sont invités à se produire bénévolement, et toutes les manifestations sont gratuites pour le public, qu'elles aient lieu dans les salles ou en extérieur. Son territoire privilégié est le plein air, les rues, les places, les jardins, les cours d'immeubles, de musées, ou de châteaux... mais la Fête de la Musique est également l'occasion de suggérer aux grandes institutions musicales (orchestres, opéras, choeurs, etc.) de sortir de leurs murs, ou au contraire d'accueillir d'autres genres musicaux.
Elle offre la possibilité de créer des courants d'échanges entre les centres-villes et leur périphérie, de proposer des concerts dans les hôpitaux ou dans les prisons, de développer les rencontres et les échanges.
Lancée en France, en 1982, la Fête de la Musique est devenue une fête européenne et internationale, présente aujourd'hui dans plus de 100 pays sur les cinq continents, chaque 21 juin.
Si l’impulsion et le dynamisme du réseau culturel français à l’étranger (service culturel des Ambassades de France, Instituts et Centres culturels français et Alliances Françaises) ont contribué fortement à ce développement international, nombreux sont les acteurs locaux (Ministères de la Culture, Municipalités, Régions, professionnels de la musique, associations artistiques, etc.) qui s’impliquent désormais dans l’organisation de l’événement. Par exemple, en Europe, un réseau d'opérateurs et de structures institutionnelles s'est constitué et forme l'association de la Fête européenne de la Musique. Parallèlement, les initiatives foisonnent en dehors de ce réseau. En s’adaptant aux spécificités culturelles de chaque pays, la Fête a su s’inventer, se réinventer et devenir une manifestation musicale internationale emblématique.
Source : www.fetedelamusique.culture.fr
La Fête de la Musique n'est pas un festival. C'est une grande manifestation populaire, gratuite, ouverte à tous les participants amateurs ou professionnels, qui souhaitent s'y produire et accessible chaque année à des millions de personnes qui constituent le plus curieux et le plus disponible des publics.
mardi 19 juin 2007
Djimon Hounsou, un Africain à Hollywood
L’acteur franco-béninois en interview exclusive sur Afrik.com 
Premier Africain nomminé aux Oscars
Djimon Hounsou a tourné, à Hollywood, devant la caméra de réalisateurs prestigieux tels que Steven Spielberg ou Riddley Scott. Cette année, il a été nominé aux Oscars pour son rôle dans Blood Diamond, d’Edward Zwick. Quels sont ses projets ? Quel regard porte-t-il sur l’Afrique et le cinéma africain ? Met-il sa renommée au service du continent ? L’acteur franco-béninois, de passage à Cannes, répond aux questions d’Afrik.com.
Djimon Hounsou, 43 ans, est aujourd’hui l’acteur africain de référence à Hollywood. Originaire du Bénin, il s’est installé à Paris à l’âge de 13 ans. Quelques années plus tard, remarqué par le couturier Thierry Mugler pour son incontestable beauté plastique, il est devenu mannequin. Puis, rêvant de devenir acteur, il est parti à Hollywood où il a dès son arrivée, en 1990, commencé à tourner. Il a été révélé au grand public en 1997 par Amistad, de Steven Spielberg, dans lequel il a joué le rôle Cinque, un africain capturé au XIXe siècle par des négriers et qui s’est révolté. Puis il a fait plusieurs apparitions remarquées dans des super productions, dont Gladiator de Ridley Scott, en 2000. Nominé une première fois aux Oscars en 2004, pour son rôle de peintre dans In America, il l’est une seconde fois cette année, dans la catégorie Meilleur second rôle, pour sa prestation dans Blood Diamond. Un film qui dépeint la violence dans laquelle l’exploitation et le commerce des diamants ont plongé la Sierra Leone. la Warner Bros.
Le film Blood Diamond a été un succès planétaire. Que tirez-vous de cette expérience ?
Dans le film, j’ai été un instrument qui a servi à dévoiler le problème de la production des diamants en Afrique, à toucher certaines réalités qui déchirent le continent : l’exploitation des enfants, les personnes déplacées… J’ai toujours voulu être dans une histoire qui pouvait dénoncer ces fléaux, dénoncer aussi la façon dont certains businessmen se conduisent. Alors, j’ai sauté sur ce rôle.
Dans le film, vous interprétez le rôle de Solomon, un père qui, au péril de sa vie, part à la recherche de son fils capturé par des militaires et transformé en enfant-soldat. Je suppose que ce rôle été très éprouvant…
En tant qu’acteur, ça a été bouleversant. Ca a été l’un des rôles les plus difficiles que j’ai jamais joué. De plus, cette expérience a été très dérangeante. Le tournage a eu lieu essentiellement en Afrique du sud et au Mozambique. Et après le travail, c’était très dur, très éprouvant de voir dans quelles conditions vivaient les Africains qui nous aidaient à tourner le film.
Hoolywood s’intéresse de plus en plus à l’Afrique. Récemment, il y a eu la sortie de Blood Diamond, mais aussi Le Dernier roi d’Ecosse de Kevin Macdonald qui dresse le portrait du dictateur ougandais Idi Amin Dada. Certains disent que les studios américains font des films sur l’Afrique et ses plaies juste pour se remplir les poches, et qu’ils ne règlent aucun problème. Qu’en pensez-vous ?
Oui, l’Afrique est peut-être une nouvelle source d’argent pour eux. Mais Hollywood n’est pas là pour régler des problèmes qui sont là depuis des siècles. Je ne vois vraiment ce que Hollywood peut arranger. Au mieux, les films peuvent éduquer, dévoiler certains problèmes au grand public. Mais Hollywood n’a pas la prétention de résoudre les soucis des Africains. L’ONU est là pour ça. Chacun son rôle.
Certains acteurs hollywoodiens s’engagent en faveur de l’Afrique. George Clooney, Don Cheadle et Angelina Joly, par exemple, défendent la cause des réfugiés du Darfour. Est-ce que, vous aussi, vous vous servez de votre renommée pour aider l’Afrique ?
Une action humanitaire ? Oui. Depuis que Bono (le chanteur du groupe de rock U2, ndlr) m’a demandé de l’aider à convaincre les pays développés d’annuler la dette des pays pauvres, je me suis engagé. Je milite au sein de l’organisation OXFAM qui travaille à équilibrer les échanges entre pays pauvres et pays riches. Il y a quelques semaines, j’étais à Washington pour faire prendre conscience aux parlementaires de ce qui se passe au niveau de l’Organisation mondiale du commerce et du mal que ça fait à l’Afrique et au tiers-monde. Pour l’octroi de subventions, les Etats riches changent les règles quand ça les arrange. Donc les pays pauvres qui cultivent le riz, le coton, etc., de vendre leurs produits moins cher que leur prix de revient. Il faudra prendre en compte ce problème pour établir de nouvelles lois du commerce.
Après avoir été nominé aux Oscars en 2004 pour votre rôle de peintre mystérieux dans In America, vous l’avez été une nouvelle fois cette année pour l’Oscar du meilleur second rôle dans Blood Diamond. Que vous a apporté cette distinction ?
Cette nomination m’a permis d’être un peu plus respecté à Hollywood. Quand vous êtes nominé une première fois, tout le monde dit : « quelle chance ! » Mais lorsque vous l’êtes une seconde fois, vous êtes pris au sérieux.
La vie d’acteur à Hollywood vous plaît ?
Il n’y a pas grand-chose à ne pas aimer dans la vie que je mène à Hollywood. La seule chose que je regrette c’est la difficulté que j’ai à tourner dans des histoires qui m’intéressent. Mais ça, c’est valable pour tout le monde. Non, franchement, ma vie est belle. Je suis le premier africain nominé aux Oscars, donc j’espère que ça m’aidera à faire de belles histoires.
Mercredi, au Festival de Cannes, des réalisateurs et producteurs africains ont regretté publiquement l’absence de film africain dans la compétition officielle. Ils ont aussi souligné que depuis 10 ans, aucun film africain n’a été sélectionné pour la Palme
Non, ça ne me choque pas vraiment. Il n’y a pas énormément de films produits en Afrique. Ce qui me choque c’est plutôt que personne ne finance de films africains capables d’intéresser l’Europe et les Etats-Unis. C’est à nous de voir comment faire pour y arriver, et c’est une entreprise difficile. Vous savez, aux Etats-Unis, Blood Diamond a bien marché, mais nous nous attendions à mieux que ça. Heureusement, le film a eu beaucoup de succès dans le reste du monde, ce qui a compensé les chiffres un peu décevants des Etats-Unis.
L’on ne vous voit pas dans les films africains. Pourquoi ? Est-ce parce que vous êtes devenu un acteur trop cher ?
Ce n’est pas qu’une question d’argent. Ce qui me pose problème, c’est surtout l’intégrité des projets. Maintenant, je veux faire des films de haut niveau, pas des films minables. Je me suis donné beaucoup de mal pour arriver là où je suis maintenant. Je ne vois pas quel intérêt j’ai à faire de petits films sans dimension. Donc tant que des Africains ne me proposeront pas de films sérieux et ambitieux, j’éviterai de travailler avec eux.
Mais essayez-vous, personnellement, de développer le cinéma africain ?
Oui, j’ai une compagnie de production, Belly Serpent Productions, qui développe des projets. L’un d’entre eux sera tourné par un grand réalisateur. Je ne peux pas encore en parler. Mais si je suis à Cannes en ce moment ce n’est pas que pour me reposer. J’y suis aussi pour prendre quelques rendez-vous et rencontrer des personnes qui pourront m’aider à concrétiser ces ambitions.
Source : www.afrik.com
Tournage du film « Pourquoi moi »
La révolution du septième art continue chez « Laha Production »
Après le succès retentissant du film « Abéni » son premier long métrage, la machine de production du label « Laha films » passe à la vitesse supérieure avec la fin du tournage d’un sixième film intitulé « Pourquoi moi ». Une révolution qui s’opère avec la complicité du prolixe réalisateur nigérian Tundé Kelani.
Sessi T.
Silence ça tourne ! Répété autant de fois depuis le 25 avril dernier sur les plateaux du tournage, ce bout de phrase
enfantera dans les tout prochains jour le sixième film « Pourquoi moi » produit par le label « Laha Production ». Il s’agit d’une mutation qui s’opère de par la qualité et la quantité de la production de films chez cette jeune structure de production. Elle exprime aussi la passion d’un homme, dont la vision est de faire du Bénin, un carrefour du cinéma en Afrique.
Long métrage à l’image de « Abèni », le film « Pourquoi moi » enseigne les valeurs de la tolérance et de la dignité. Il a rapport aux questions existentielles comme l'amour, la trahison, l'amitié, mais surtout le pardon. Toujours fidèle à sa logique de brassage interculturel et de promotion du panafricanisme, Abdel Akim, promoteur de « Laha Production » a ouvert le casting à des acteurs de diverses nationalités. Ainsi, en dehors de Zack Ordji du Nigeria, on y retrouvera des acteurs comme : Nastou et Gowou de la Côte d'Ivoire. Il a été également fait appel à Sébastien Davo et Euloge Béo Aguiar, des comédiens bien connus du public béninois.
Dans l’esprit de Abdel Hakim AMZAT, PDG du Groupe LAHA, et acteur principal de « Abéni » et de « Pourquoi moi », il est important d’ouvrir les castings et de faire collaborer des acteurs de différentes nationalités africaines, pour que l’unité africaine tant prônée par les politiques et qui tarde à se concrétiser, trouve un bout de réalité à travers la culture, notamment le cinéma.
A sa sortie Pourquoi moi, tourné en HD, fera le tour des grandes salles de cinéma en Afrique avant d’être disponible en format home vidéo. L'équipe tourne actuellement à Cotonou, la capitale économique du pays. D'autres scènes seront également tournées dans une des grandes villes du Nord du pays, notamment Parakou. De bons moments de cinéma en perspective !
Appui aux initiatives culturelles au Bénin
Le Psicd lance le premier appel aux projets
La structure opérationnelle du Programme de Soutien aux Initiatives Culturelles décentralisées (Psicd) a procédé vendredi 25 mai dernier au lancement du premier appel à projets pour évaluation pour le compte de l’année 2007. C’était à l’occasion de la séance mensuelle du mois de mai du « Vendredi des Artistes ».
Sessi T.
Du 25 mai au 31 juillet 2007. C’est la période retenue par la structure opérationnelle du programme de soutien aux initiatives culturelles décentralisées (Psicd) pour recevoir les projets des acteurs culturels pour évaluation. Ce programme dispose en effet au titre de l’année 2007, d’une enveloppe de trois cent (300) millions de francs cfa pour subventionner les projets retenus. Pour Babacar Ndiaye, coordonnateur du Psicd, les critères de sélection se reposent sur le principe de la transparence et de l’égalité de chance, qui reste une des exigences de l’Union Européenne, qui finance le programme. Selon la même source, il sera aussi tenu compte de la clause de répartition géographique. Dans ses explications le premier responsable du Psicd au bénin a fait savoir qu’il s’agit d’une subvention en cofinancement où le Pscid supporte 85% du coût éligible et le porteur de projet 15%. Dans ce schéma le plancher des budgets éligibles est de dix millions avec un plafond de 30 millions. L’éligibilité des projets prend aussi en compte de la durée des actions, qui doivent être comprises entre 3 et 12 mois. Seules les structures organisées dans le domaine de la culture sont éligibles à cette opération d’appui aux actions culturelles au Bénin.
Pour ce premier appel à projet, seuls les domaines relatifs à l’animation des espaces culturels, du livre et l’écrit ; des arts vivants et de la production audiovisuelle sont retenus par le programme. Babacar Ndiaye a rassuré les acteurs culturels de toutes les dispositions communicationnelles afin d’assurer une large diffusion de l’information. Il a par ailleurs signalé que des séances d’informations et de conseils seront aussi organisées à l’intention des acteurs culturels. Autant d’éléments qui peuvent aussi être consultés sur le site Internet du programme à l’adresse www.psicd-benin.net. Aux acteurs culturels, il ne reste qu’à dire : à vos initiatives ; prêts partez !
lundi 11 juin 2007
Le Doyen des cinéastes africains a cassé sa pipe
L'Eternel Sembène Ousmane
Sembène Ousmane, un dinausore de la littérature et du cinéma en Afrique a tiré sa révérence à 84 ans, le samedi 09 juin dernier, dans son Dakar natal. S'il est vrai qu'en Afrique, "un viellard, qui meurt est une bibliothèque qui brûle", nous estimons que Sembène ne consume pas avec sa bibliothèque. Il a su légué un héritage inépuisable, qu'il nous revient de péréniser et de transmettre aux générations futures. Tel doit être le combat pour honorer la mémoire du "Doyen".
Sur ce blog c'est déjà notre façon de lui rendre un hommage mérité en offrant à nos lecteurs une information, qui sort de notre ligne informationnelle. Ce fut aussi le cas sur le blog de notre ami écrivain Alem Kangni, qui écrit tout gentiment: "Fin de mandat pour Sembène Ousmane". Une fin de mandat bien mérité et bien accomplie, nous plait-il de compléter. Sembène Ousmane le mérite. Salut l'artiste! Eternel soit tes oeuvres!
Voici l'article de l'Agence de Presse Sénégalais qui annonce sa mort.
Décès du cinéaste-écrivain Sembène Ousmane
Dakar, 9 juin (APS) - Le cinéaste-écrivain Sembène Ousmane est décédé samedi soir à son domicile à Yoff à l'âge de 84 ans, a annoncé à l'APS son assistant Clarence Delgado.
Sembène Ousmane était malade ces temps derniers, a précisé M. Delgado, joint au moment où la dépouille du cinéaste était en train d'être acheminée à la morgue de l'hôpital Principal.
Né à Ziguinchor, Sembène Ousmane qui était un autodidacte a commencé par l'écriture en publiant des romans comme "le Docker noir'', "les Bouts de dois de Dieu'', "l'Harmattan'' et "le Mandat''. La plupart de ses écrits tel "Le Mandat'' seront portés à l'écran par Sembène Ousmane lui-même considéré dans ce domaine comme l'une des pionniers du cinéma africain.
Ainsi, il a tourné son premier court métrage "Borom Saret'' en 1963, suivi une année plus tard de Niaye. En 1966, il réalise "La Noire de ...'', son premier long métrage qui remporte, la même année, le Tanit d'or au Festival de Carthage. Ce film lui vaudra également en 1966 le prix du meilleur réalisateur africain au Festival mondial des arts nègres à Dakar.
Prolixe, il tourne ensuite en 1968 "Le Mandat'', "Emitai'' en 1971, "Xala'' en 1974, "Ceddo'' en 1977, "Camp de Thiaroye'' en 1988, "Guelewar'' en 1992, "Faat Kiné'' en 2000 et "Molaadé'' en 2004.
dimanche 10 juin 2007
Après la révolution dans la production audiovisuelle au Bénin
Le groupe Laha installe sa machine de distribution
Le samedi 09 avril dernier, le label béninois de production audiovisuelle « Laha productions » a procédé à l’ouverture officielle de sa boutique de vente en gros de cd de musique et de films et le lancement de son réseau de distribution. C’était au nouveau siège du groupe sis au quartier Agla dans le 13è arrondissement.
Sessi T.
Solennité et Sonorités ! Coupure symbolique de ruban et remise d’attestation de droit de distribution. Autant de moments qui ont jalonnés la cérémonie officielle de l’ouverture de la boutique laha et de la mise en place du réseau de distribution. Une cérémonie fort simple marquée par la présence des figures incontournable du monde la culture au Bénin et une animation remarquable des artistes de l’écurie Laha productions. On cite Kurin, Aglouza band, Youss Adé et Master cool avec sa comédie musicale MST entendez maladie sexuellement transmissible, à couper le souffle.
La stratégie commerciale du label Laha productions repose encore sur une innovation. Après l’idée originale de la distribution de ses produits par la poste du Bénin, ce label, porté par un jeune Béninois du nom de Abdel Akim Amzat, investit le réseau des élus locaux. Une stratégie qui tout en faisant des chefs d’arrondissements et quartiers de grands vecteurs de distribution-vente, approche résolument les produits des consommateurs. Il s’agit en effet, d’une action de proximité dont l’objectif final est de permettre à chaque chef quartier l’organisation de la vente des cd audiovisuels dans leur zone, par le recrutement des vendeurs ambulants griffés Laha productions. C’est aussi une politique de création d’emploi à petite échelle, qui encourage la vitalité des industries culturelles dans notre pays. L’opération lancée le samedi 09 juin dernier prend en compte 50 chefs quartiers de 09 arrondissements de Cotonou, 15 chefs quartiers de la commune d’Abomey Calavi et un chef quartier du 4è arrondissement de la ville de Porto Novo. La seconde paire de manche de cette politique est tendue aux tenanciers de bars et restaurants.
Cette initiative a été saluée par Prosper Gbaguidi, Chef du 13è arrondissement, qui tout en exprimant sa fierté, a exhorté les autres élus locaux à y adhérer. Même son de cloche avec Cyr Abadagan, directeur commercial du groupe Laha, qui y voit une action de proximité dont le but est de lutter contre la piraterie. Quant à Samuel Ahokpa directeur du Bureau Béninois du Droit d’Auteur, le groupe Laha, vient d’intégrer le maillon manquant de sa chaîne de production. « Tant que tout ce passera dans la légalité, je vous garantit le soutien du Bubedra » a-t-il fait entendre.
lundi 9 avril 2007
Festival « Laguimages » 2007
Le cinéma béninois à l'honneur
La quatrième édition du festival international de films et de télévision « Laguimages » déroulera le tapis aux productions inédites béninoises avec un parallèle sur les efforts de production du Cameroun, qui d’ailleurs est le pays invité de ce millésime 2007. Une saga de la production audiovisuelle béninoise et africaine en perspective.
Sessi T.
26 films au total dont 10 productions inédites béninoises, 5 mini rétrospectives du Cameroun, hommage à Jean Pierre Bekolo avec ses trois films avec à la clé « les Saignantes » sa dernière réalisation. C’est le contenu filmique de la programmation du quatrième festival « Laguimages ». Une édition, qui avec le thème « L’année du Bénin », tient à tirer chapeau à l’effervescence de la production audiovisuelle qui se remarque ces dernières années au Bénin. Selon Monique Phoba, initiatrice et promotrice de ce festival, « quelque chose est en train de bouger dans le paysage audiovisuel béninois ». C’est pourquoi il revient à « Laguimages » d’y mettre la lumière, afin que l’éclosion soit totale. Elle prend appui sur deux jeunes talents béninois, qui avec des moyens de bord tentent de prendre la relève en matière de série télévisée. Il s’agit de Clovis Agbahoungba avec sa série « Allo Cousin » et de Christiane Chabi Kao avec « Les inséparables ». Les efforts de production de films entrepris par la maison « Laha productions » par l’entremise de l’expertise du réalisateur nigérian Tundé Kélani, ne sont pas occultés. C’est d’ailleurs, ce qui justifie la présence du film « Abèni 1 » dans la programmation de cette année. Le choix de ce thème s’explique aussi selon les promoteurs du festival par les distinctions de quelques films béninois au dernier festival panafricain de cinéma de Ougadougou. Allusion est faite au film « Africa paradis » de Sylvestre Amoussou et du documentaire « Un trésor dans la poubelle » de Mariette Chantal Mélé, sans oublié « Juste un peu d’amour » de Jemima Catrayé, sélectionné à l’espace doc du fespaco. Le festival sera aussi l’occasion de la première sortie du film « Entre la coupe et les élections » de Monique Phoba et de Guy Kabeya. Une réalisation qui rend hommage aux premiers footballeurs congolais ayant participé à la coupe du monde de 1979 avec un échec de 9 buts.
En parallèle à cette révolution dans le paysage audiovisuel du Bénin, la quatrième édition du festival « Laguimages » a tendu la main au Cameroun comme pays invité, afin de partager les expériences de coproduction locale entre les télévisions privées et les jeunes talents camerounais, qui avec des moyens dérisoires aboutissent à des productions de bonne facture. Ce sera au cours d’un atelier télévisuel d’échanges entre professionnels de l’audiovisuel sous la thématique : "Le nouvel Eldorado, l’Afrique investit dans ses images". A cet atelier, précise Monique Phoba, plusieurs invités de marques du paysage audiovisuel africain sont attendues dont Charles Mensah de la Fédération panafricaine de cinéma, le réalisateur camerounais Jean Pierre Bekolo, Lambert Nzana, président de l’association des producteurs indépendants du cameroun, et bien d’autres. Cerise sur le gâteau, l’édition 2007 offre l’inédit avec Jean Pierre Bekolo, qui animera la séance « Leçon public du cinéma ».
Une programmation, qui augure déjà une belle saga des récentes productions cinématographiques africaines.
lundi 5 mars 2007
Babacar Ndiaye, coordonnateur national du Psicd Bénin
« Nous avons besoin du soutien de tous les acteurs culturels pour la bonne marche du programme au Bénin »
Le Sénégalais Babacar Ndiaye est le coordonnateur national du Programme de Soutien aux Initiatives Culturelles Décentralisées. A l’issue du lancement officiel des activités de ce programme, il revient dans cet entretien pour dévoiler les grandes lignes d’action pour l’année 2007. Il profite de cette occasion pour exhorter tous les acteurs culturels béninois à une collaboration sans faille pour la réussite du programme, dont la finalité est de contribuer à l’émergence et au renforcement durable des acteurs décentralisés.
Vous venez de procéder au lancement officiel des travaux du Psicd au Bénin, que peut on retenir du concept du projet et de ses objectifs ?
C’est vrai que nous venons de lancer officiellement le programme, mais nous avions commencé effectivement les travaux depuis le mois d’avril 2006. Il a été question pour nous de faire l’état des lieux de l’environnement culturel au Bénin pour ensuite déterminer les besoins réels du secteur. Ce qui, nous a permis de procéder à cette étape de lancement officiel des activités.
En fait le Psicd est issue de l’accord de partenariat entre les Etats Acp et l’Union européenne, qui a inscrit le secteur culturel comme un des domaines d’appui au développement social et humain. C’est dans ce cadre qu’après plusieurs pays comme le Sénégal en 1995 puis la Côte d’ivoire, le Togo, le Mali, le Burkina Faso et la Guinée, le Bénin a sollicité ce programme dans le cadre de la coopération avec l’Union européenne. Dès lors, le 9è Fonds Européen de Développement a mis à la disposition du Bénin pour la période de 2006 à 2009 la somme de deux millions neuf cent quarante Euros soit Un milliard neuf cents vingt huit millions cinq cents vingt huit mille. Il s’agit d’un appui direct pour les acteurs culturels non étatiques du Bénin.
L’objectif fondamental du programme est de renforcer le dynamisme et la professionnalisation des acteurs culturels au Bénin. Cet aspect prend en compte toutes les filières culturelles et s’intéresse aux questions de développement local. Il est question en fait pour le Psicd de promouvoir les identités et la créativité, afin d’élargir l’accès des populations aux produits culturels.
Pouvez vous nous dévoiler les grandes lignes de vos actions pour l’année en cours ?
A l’issue de l’inventaire, que nous avions eu du secteur culturel au bénin, nous avions envisagé, un programme axé sur trois points fondamentaux et qui est validé déjà. Nous allons nous investir dans un premier temps à informer le plus largement possible les acteurs culturels de nos activités. Ceci passe par la mise en place d’un site Internet du programme, un bulletin d’information trimestriel et un portail culturel béninois. Dans un second temps, notre plan d’action va se focaliser sur la formation des acteurs culturels. Nous avions prévus au total six séances de formation dont trois sessions sur l’entreprenariat culturel, une session à l’intention des journalistes culturels et sur la critique d’art et deux autres sur le thème de « décentralisation et culture ». Le troisième point fort de notre action cette année est le financement des projets des acteurs culturels. Tout ceci va démarrer prochainement et le calendrier sera rendu publique.
Comment les acteurs culturels peuvent-ils voir leur projet financer par votre programme ?
Il sera procédé à un appel à proposition de projet selon des thèmes sur l’ensemble du territoire national à la suite des séances d’information sur les conditions d’accès au financement du Psicd. A la fin de l’opération les meilleures propositions seront financées suite à un processus de sélection qui l’implique des évaluateurs indépendants. Pour cette année, nous avions retenus les thèmes relatifs à l’animation des espaces culturels, le livre et l’écrit, les arts vivants et la production audiovisuelle. C’est un appel ouvert à tous les acteurs culturels non étatiques. C’est pourquoi, nous avons besoins du soutien de tous pour la bonne marche du programme au Bénin.
Propos recueillis par Sessi T.
Dixième édition de Conavab
Sous le signe des innovations La dixième édition de la Coupe Nationale
« Nous allons expérimenter pour deux ans à partir de la dixième édition le couple de la formule téléphonique et départementale ». C’est par ces propos que Patrice Ahloumè, promoteur de Conavab a annoncé les grandes innovations devant régir les prochaines éditions de cette compétition qui pour la dixième édition s’adresse aux artistes de la musique traditionnelle. Désormais la compétition ne sera plus faite uniquement par téléphone sur la radio nationale, mais sera décentralisée avec la participation des radios privées sur l’ensemble du territoire national avec une radio centrale qui sera radio planète. Ainsi les compétitions seront lancées simultanément sur toutes les radios partenaires de 8h 30 à 9h 30, avec la proclamation en direct des scores réalisés par artistes. Un jeu de feedback orchestré par la radio centrale et les six radios départementales. Selon les nouvelles dispositions, les radios départementales recevront par compétition une vingtaine de coup de fil, tandis que la radio centrale en recevra vingt et un. Pour plus de transparence, il est désormais permis aux artistes en compétition d’envoyer un représentant suivre le jeu en direct dans les studios des radios.
Sur le starting bloc de cette dixième édition qui débute le 1er mai 2007 64 artistes sont attendus pour 08 finalistes, dont 16 pour les départements de l’Atlantique-littoral et du Zou-collines et 8 pour les autres départements du pays. La grande compétition de la finale aura lieu le 1er septembre 2007 a
Ces innovations, explique monsieur Ahloumè, visent à offrir plus de promotion aux artistes au travers des médias, tout en réduisant voire minimiser les risques de fraudes, qui conduisent à des grincements de dents ou des contestations.
Palmarès de Conavab en 10 ans de vie
1er édition : Sagbohan Danilaou
2è édition : Somadjè Gbèsso
3è édition : Gbessi Zolawadji
4è édition : Adjignon Hanbladji
5è édition : Man Dev
6è édition : Alèvi
7è édition : El Nasito
8è édition : Dah Tamadaho
9è édition : Simba Franco Junior
Défense de la diversité culturelle au Bénin
Une coalition nationale est née
Notre pays le Bénin, dispose depuis samedi 24 février 2007 dernier d’une coalition dont le but principal reste la
promotion de la l’identité culturelle nationale. Baptisé « Coalition Béninoise pour la Diversité Culturelle » en abrégé CBDIC, ce creuset est représenté par un bureau exécutif national de 7 membres avec à sa tête Vincent Ahéhéhinnou.
Sessi T.
Contribuer à l’émergence d’une identité culturelle forte au plan national pour promouvoir la diversité culturelle au plan international. Tel est le credo de la Coalition Béninoise pour la Diversité Culturelle portée sur les fonds baptismaux le samedi 24 février dernier à l’issue d’une assemblée générale constitutive au siège de l’agence Fifa Médiation à Gbèdjromèdé. Selon son coordonnateur, Vincent Ahéhéhinnou, la nécessité de la mise en place de cette coalition s’explique par la perte de l’affirmation de notre culture dans ses multiples formes d’expressions. Il se justifie par l’envahissement de nos petits écrans par les télénovelas brésiliennes, qui ne véhiculent aucune réalité culturelle de notre pays, mais décriées pour dans les émissions interactives comme la « Grogne ».
La naissance de CBDIC s’explique aussi selon les initiateurs par la nécessité pour notre pays de conserver et de développer les traits distinctifs qui le singularise des autres, pour mieux s’imposer dans le concert des autres nations, notamment dans la globalisation des échanges.
Dès lors, la coalition entend s’atteler à la promotion des valeurs et les richesses de la diversité culturelle comme une contribution de chacun à l’édification d’un monde de paix loin des logiques d’intérêts économiques et marchandes. Il s’agit aussi pour la CBDIC de renforcer le processus de dialogue des identités culturelles à travers la facilitation des expressions culturelles.
Aux côtés des pouvoirs publics, cette coalition naissante compte plaider pour l’affirmation du droit souverain du Bénin à concevoir une politique culturelle solidaire impliquant des facteurs de développement durable à l’endroit des acteurs culturels et des populations. De concert avec les autres organisations sous-régionales, la coalition béninoise pour la défense de la diversité culturelle projette de conduire à terme le processus de ratification par les pouvoirs publics africains de la convention sur la diversité culturelle et met un point d’honneur sur le respect de son contenu dans chaque pays africains.


