jeudi 23 novembre 2006
Prix RFI Découvertes 2006
Patrick Ruffino en finale du prix RFI le 30 novembre
Lundi 13 novembre, ont été présentés les trois finalistes de l'édition 2006 du Prix RFI Découvertes. Cette année, vont
concourir Bélo (Haïti), Patrick Ruffino (Bénin) et enfin Lang'i (Congo). La finale aura lieu à Doula au Cameroun le 30 novembre prochain.
Vingt-cinq ans que RFI traque les talents émergents de l'Afrique et de la Caraïbe. Vingt-cinq ans que l'on voit grandir des artistes de grande qualité. De Zao à Tiken Jah Fakoly en passant par Rokia Traoré, les plus grands ont participé à ce concours unique en son genre.
Pour le prix Découvertes 2006, la finale aura lieu à Douala le jeudi 30 novembre au cours d'un concert au St John's Plaza, présenté par Claudy Siar. A l'issue du concert, les membres du jury, présidé cette année par Meiway, éliront le lauréat 2006, lequel se produira le 2 décembre au stade Mbappé Lépé de Douala.
Cette année, pour la première fois, les internautes ont la possibilité de voter pour leur artiste préféré en écoutant en ligne des extraits de leurs titres : Voir la page sur le site rfi.fr.
A l'occasion du prix Découvertes 2006, RFI sera présente au Cameroun grâce à plusieurs émissions qui seront enregistrées à Douala les 28, 29 et 30 décembre.
dimanche 19 novembre 2006
Wènin, la nouvelle tendance musicale à Cotonou
Show biz au Bénin
« Wènin », le style musical de fin d’année
Pour ces prochaines fêtes de fin d’année le public béninois va vibrer au rythme d’une démesure musicale avec un nouveau mouvement baptisé : « Wenin ». En langue mina, cela signifie « fait lui ça ». Une danse faite de coups de rein et de déhanchement sexy. C’est la trouvaille du groupe musical « Zenith sound », qui en avant première à présenter le single à la presse le mercredi dernier au bar restaurant le Repaire de Bacchus.
« Gbodjo alinmin » ! Relâche les reins pour bien les bouger ! Tel est intitulé le titre du premier maxi single du groupe Zenith Sound. Un rythme pas assez original. Une rumba déguisée sur un fond de soyoyo et un mélange de soukouss. Musique d’ambiance, le single s’estompe dans un tempo langoureux et aussi endiablé. Tout y mis pour lancer le phénoménal mouvement dansant de fin d’année 2006. La danse qui accompagne le mouvement musical « wenin » est basée sur des coups de reins à plusieurs vitesses. De la plus lente à la plus grande vitesse le rythme musical s’harmonise avec les faits et gestes du couple danseurs, venus faire la démonstration. Une attraction à couper le souffle. Chaude ambiance des plus sexy en perspective. Le mouvement est né, selon le chef d’orchestre de Zenith Sound, dans les folles ambiances du week end au bar restaurant « le Repère de Bacchus ». C’est une façon pour nous de semer la joie et la gaieté dans le cœur des clients de ce bar, qui caracole d’ambiance pour les fêtards de cotonou. Alors mélomanes et amateurs du show, à vos reins prêts partez pour le mouvement « Wenin ».
Sessi T.
jeudi 16 novembre 2006
Décès de l’artiste Eskill Lohento
Le Bénin perd son « rossignol »
Dans la consternation totale, la famille des artistes béninois a appris, le vendredi 10 novembre 2006 dernier, la mort de Eskill Lohento, chanteur principal du Tout Puissant Poly Rythmo, l’orchestre musical des années de gloire du marxisme léninisme béninois. Un décès survenu tôt le matin à suite d’un malaise. Et pourtant, il venait de faire son dernier show musical à la clôture de la fête de la bière le 1er novembre 2006. Les mélomanes Béninois s’en souviendront toujours.
Sessi T.
Le rideau est tombé ! Une page vient d’être tournée pour l’orchestre « Poly Rythmo » de Cotonou, par le décès de Eskill Lohento. A 57 ans, il vient de laisser derrière lui tout un héritage musical pour cet orchestre qui a fait la gloire et la fierté du Bénin dans les années 70. Quand j’ai eu la chance de l’interviewer chez lui dans le cadre de la sortie du disque « Poly Rythmo Nouvelle formule », un dimanche après midi du mois de mai 2004, il me confiait avec joie qu’il n’a pas dit son dernier mot dans l’arène musical : « le Poly Rythmo n’est pas mort et on n’a pas fini de chanter » concluait-il. Il n’a vraiment pas fini quand on sait que le mercredi 1er novembre dernier, il faisait un grand show musical à la clôture de la fête de la bière sur la scène du centre de promotion de l’artisanat.
Seulement, l’auteur de la chanson mythique « Nini » ne peut plus reprendre son show qui embrase la scène. Il vient de tourner le dos à cette scène pratiquement le micro à la main, laissant derrière lui une famille de 9 enfants. Les mélomanes se souviendront toujours de sa voie de rossignol qui ensorcelle et envoûte le cœur des spectateurs. Ils se souviendront encore et toujours de ses pas de danse qui font de lui une véritable bête de scène.
Les circonstances du décès
La mort de Eskill Lohento est intervenue tôt le matin à sept heures le vendredi 10 novembre 2006. Sentant des malaises, il demanda à son fils d’aller lui chercher le médecin. A cet instant, ce dernier fit signe à son grand frère qui lui indiquait d’aller chez le médecin et qu’au cas où il serait indisponible de louer un taxi pour l’amener dans une clinique. Mais entre la quête du médecin et l’arrivée du grand frère, l’artiste rendit simplement l’âme dans son lit. Selon des sources proches de la famille, tout s’est très vite passé en l’espace d’un quart d’heure. La même source indiquait que l’artiste ne présentait aucun signe de maladie, ni de malaise la veille.
Qui est Eskill Lohento ?
Compagnon fidèle de Clément Mèlomé, Eskill Lohento a été de tous les combats de l'orchestre Tout Puissant Poly Rythmo dont il est le vocaliste principal. Il a partagé les bons moments de gloire, d'apothéose et de morosité de cet orchestre. Né en 1951 à Cotonou, il fut très tôt orphelin de mère à l'âge de dix ans. Faute de soutien, Eskill s'adonne à la musique pour se maintenir.
Découvert par l'accordéoniste Clément Mèlomé, il a commencé par s'illustrer en 1964. Sa participation active à l'émission récréative des enfants à radio Dahomey avec Cécile Robert, l'a révélé au public. En 1965, il intégra le groupe « Sunny Black Band » de Crépi Wallace. Et ce fut le début d'une aventure sans fin, qui a fait de lui, un rossignol de la chanson béninoise dans les années 60 et 70.
Succession de compositions, d'interprétation et de sorties sur scène dans les différents night club de Cotonou dont « la canne à sucre ». Malgré sa première composition « Gbèminho » en 1965, c'est plutôt avec la chanson « Agbaza min mè » que Eskill a connu un franc succès à partir de 1977, après le festival « Festac » de Lagos avec le T.P Poly Rythmo. Entre 1978 et 1980, il donnait de la sueur froide à Johnny Halliday quand il interprétait sa chanson « Le Pénitencier ». « Quand je chantais « le Pénitencier » Johnny me donnait de l'argent. » confit-il.
Une chose est sûre, sa voix a bercé beaucoup de mélomanes et lui a valu l'estime de bon nombre d'artistes de la chanson française de l'époque. On se rappelle encore ses interprétations en fon de la chanson « le film est triste » et qui a donné le célèbre morceau « Nini ».
Eskill Lohento en chiffres, c'est une quinzaine de compositions, plusieurs grandes apparitions sur scène au Bénin, en Afrique et au Cuba. Marié, il est père de neuf enfants dont deux filles.
jeudi 26 octobre 2006
BMG Yari et "le Guerrier Bariba" au Bénin
La musique Rap au Bénin
BMG Yari signe son deuxième album solo « Guerrier bariba »
Après « Bienvenue au Bénin », l’artiste béninois du rap, BMG Yari vient de produire son deuxième album intitulé « Guerrier Bariba ». Un opus entièrement dans la même veine rapologique que le premier. Résolument tourné vers la promotion des valeurs traditionnelles de notre pays, BMG apparaît plus engagé et se passe pour le défenseur de la cause des opprimés et des couches vulnérables.
Sessi T.
Une production d’une dizaine de titres engagés, produit par Alain Ajavon et enregistré sous le label Taka Crew records. Tel est la nature de la seconde réalisation discographique du rappeur Béninois BMG Yari. Natif de Tanguiéta dans le nord du Bénin (à environ 700 km de Cotonou), il n’a pas fini d’exprimer son talent. Au-delà de la fougue d’une jeunesse qui se défoule dans un pareil style de musique, BMG Yari apporte sa touche d’originalité : Défendre le bien et la cause des couches vulnérables. S’inscrivant dans une autre thématique, il révèle aussi dans cet album sa détermination à dénoncer la mauvaise promotion faite à la terre africaine, toujours présentée négativement dans l’opinion publique. C’est ce qu’il chante dans le morceau « farafina ». Pour lui l’Africain, est l’ennemi de l’Afrique, car il qui développe l’orgueil, toujours un facteur du sous développement.
Educateur et observateur de l’évolution des capitales africaine, le rappeur de Tanguiéta dénonce l’effritement des valeurs morales notamment en ce qui concerne la virginité des filles. « Si on fait un retour dans le passé le taux de virginité des jeunes filles est de 85% dans la tranche de 20 et 25 ans. Malheureusement aujourd’hui, il est triste de savoir que à 14 ans nos jeunes filles perdent leur virginité » regrette l’artiste. Dans le titre « J’aime pas ça », il adresse un message de prise de conscience à la couche juvénile féminine africaine. Pour lui, « la pudeur est encore de rigueur dans la profonde Afrique ». Il va plus loin dans ce registre, et dénonce aussi la dépigmentation de la peau chez les femmes africaines. « Je vous préfère avec votre teint café » avoue-t-il dans sa chanson « Mademoizel », qui reste un hymne à la beauté africaine.
Sur tout un autre chapitre de son régal musical, BMG Yari, fait l’éloge de la bravoure du guerrier bariba en la personne du héros Bio Guerra. Toutefois il dénonce, la traîtrise de l’homme noire et sa complicité avec le Colon. « Ces Africains achètent des armes de leurs seigneurs occidentaux pour qu’on s’entretue Ces chiens pillent nos économies en diapason avec les pseudo-sauveurs qui sont les Etats-Unis et l’occident » dégaine-t-il. Il n’est pas non plus resté muet sur l’immigration clandestine et conseille à ses frères africains de retourner le miroir pour regarder autour d’eux et chez eux où règne le véritable Eldorado, plutôt que d’aller mourir à l’image des cabris dans les eaux lointaines à bord des navires de fortune.
On retient que BMG Yari a déclenché la fièvre musicale en 1990 après ces premiers pas à la chorale Saint Michel de Natitingou. Ce qui lui ouvre les voies avec une première signature « oya » avec le groupe Constat des Faits (CDF) en 2000. Depuis il prend la route en solo avec le pari d’offrir le meilleur de lui à ses fans.
mardi 24 octobre 2006
Une anthologie pour le tchink system
Promotion musicale au Bénin
Une anthologie pour la mémoire du tchink system de Stan Tohon
Le roi du tchink system, Stan Tohon a procédé au lancement officiel d’un coffret de quatre Cd, qui résume son parcours depuis le début de sa carrière musicale. C’était au parking gros porteur du marché Dantokpa.
Sessi T.
33 titres sur quatre Cd en un coffret. Tel est le produit artistique que le roi du tchink system Stan Tohon a mis sur le marché du disque ce samedi, devant une foule de nombreux curieux et de fans. Ambiance festive. Sonorité du tchink très bien distillée pendant plus de trois heures de concert. Tout le monde se veut être le témoin de cet événement. L’anthologie du Tchink, qui vient d’être lancé, vise à retracer le parcours du quart de siècle de l’artiste aux générations présentes et futurs. « J’ai travaillé dans un style, qui aujourd’hui n’est pas connu des jeunes, il y a aussi des chansons que les mélomanes ne connaissent plus ou ont tendance à oublier. » explique le Roi Tohon Pour lui, il est question de conserver la mémoire du rythme tchink system à travers les chansons de succès et de gloire.
Sur le coffret de Papi Grandé, on retrouve les titres comme « yallow », « Agassa Agassa », « Koudé » et bien d’autres, qui ont fait le bonheur des mélomanes. L’importance de cette œuvre selon l’auteur réside dans la difficulté d’archivage des vinyles. « Cela a été très difficile pour moi de retrouver les disques pour la compilation. C’est grâce à l’artiste Binto Gustave et un Brésilien que j’ai pu arriver à cette anthologie » révèle t-il. On retient que pour ses vingt cinq ans de carrière, Roger Tohon compte 200 titres. C’est pourquoi en offrant les 33 titres, flash back de sa carrière, il a donné cette grande fête musicale sur la place publique du marché Dantokpa. Sur la scène du samedi plusieurs artistes ont défilé de 10 heures à 13 heures, avant que le Roi du tchink ne vienne clôturer la fête en gratifiant le public de quelques chansons.
On rappelle que cette initiative a été portée par la maison de distribution « Top Show biz ».
vendredi 29 septembre 2006
Petit Miguelito: « Je ne suis pas venu en aventure à la musique »
La nouvelle étoile de la musique béninoise Petit Miguelito
« Je ne suis pas venu en aventure à la musique »
Il bouscule toute la hiérarchie musicale et se hisse aujourd’hui au top de l’actualité béninoise. Avec son premier album de sept titre, aucune âme ne reste insensible à la mélodie et au message du titre phare « Lonlonyin ». De sa voix percutante et mélodieuse, il convainc à la fois les mélomanes et les professionnels de la musique béninoise. Une bonne entrée donc dans la relève de son digne feu Père. Lui c’est Ghislain Toffohossou François Miguel alias Petit Miguelito. Portrait.
Taille courte. La vingtaine environ. Teint noir indigo. Sobre et timide en apparence. Il passe tout naturellement inaperçu dans un habillement soft. Cheveux taillés à la régulière, barbichette peignée et entretenue, il se présente comme un garçon serein sachant où il va. « Il y a un chemin tracé par mon père et moi je viens juste continuer sur cette voie et avancer » confit le Petit Miguelito. Toutefois il ne s’agit pas d’une aventure pour ce jeune artiste qui confirme son geste : « Une fois sur la scène musicale de mon pays, j’irai jusqu’au bout. Je ne suis pas venu goûter à la chose musicale et laisser tomber. Je ne suis pas venu en aventure à la musique. » fait-il entendre. Une promesse qui déjà se traduit en réalité avec la sortie de son premier album, qui cartonne et fait du jeune artiste, une denrée solliciter par tous les professionnels du show biz. Sans exagération on peut déjà parler du phénomène « Petit Miguélito »
« Du Père au fils »
La tête sur les épaules, Petit Miguelito ne donne pas dans la dentelle pour améliorer l’œuvre de son feu père dont il tient à assurer la relève avec honneur et dignité. Une première production et tout le bien se confirme de lui. « Je fais de l’afro zouk, de la salsa, sans oublier les recherches qui sont en cours. Ce travail reste une manière pour moi de rendre un hommage à mon feu père » soutient-il. Et à ce sujet point n’est besoin de commenter le témoignage d’un patriarche de la musique béninoise. « Le jeune a bousculé toute la hiérarchie pour se trouver une place de choix ». D’ailleurs avant même la sortie officielle de son premier, il est sollicité presque tous les week end pour les concerts et les show. Les Dj des Night-club ne se font pas prier pour servir la sauce « miguelito » aux mélomanes noctambules. Les restaurants, les bars, les jeunes, bref la rue et toutes les lèvres fredonnent « lonlonyin » le titre phare de l’album baptisé « Du père au fils ». Comme pour dire à son feu père « Eh Pater, je tiens bien le flambeau que tu as laissé ! ».
En effet, Ghislain naissait le 22 Décembre 1986. Mais très tôt il fût orphelin de père à 11 mois. Un âge où l’enfant ne connaissait rien de ses parents. « Je ne maîtrise pas l’histoire du décès de mon père » avoue t-il. Il reconnaît que plusieurs personnes lui raconte beaucoup de choses sur son père. Seulement, il garde la ferme froide et ne cherche pas à être curieux, mais cherche à se faire une raison.
Le parcours de combattant
« Aux âmes bien nés la valeur n’attend point le nombre des années ». Le Petit Miguelito a fait sien cette assertion. Une fois que le virus de la musique l’a piqué, il a pris sur lui la décision de d’y aller comme un appel. « Je n’ai pas appris la musique dans une école. Je peux dire que c’est le don et le talent qui s’expriment » explique t-il. Dès lors il se lance dans la composition de ses chansons avec la répétition et la pose des paroles. Une fois prêt il part à la rencontre des professionnels pour lui porter conseil et appui. Mais chez André Quenum de « Musigerme », il essuie une déculotté grave, à cause du jugement porté sur ses compositions. Sans se fatigué, le jeune prend sur lui son courage et continue son parcours de combattant, quand un jour, il rencontre l’arrangeur Queleff du label « Guru Records ». Ce dernier a promis son soutien. De répétition en répétition, il améliore ses compositions et sort le produit qui fait la fierté de la musique béninoise.
« Lonlonyin » une histoire vraie et vécue
Au début de ce mois d’avril, il lance son album « Du père au fils », riche de 7 titres. Seulement le titre phare qui cartonne aujourd’hui « Lolonyin » reste une histoire d’amour vécue par le jeune. Il chante le pardon à un être aimé qui veut l’abandonnée après cinq ans de vie sentimentale. « C’est une histoire que j’ai vécue et je n’avais même pas envie de le mettre sur l’album, mais subitement l’inspiration m’est venue et cela a donné ce quez vous écoutez » raconte Petit Miguelito. Il chante en général la vie et ses vicissitudes. Petit Miguelito vient de mettre pied à l’étrier. Un succès. Et que la saga continue.
Sessi T.


