mercredi 20 juin 2007
26è édition de la fête de la musique
Les artistes Béninois s’approprie enfin l’événement
Deux géants podiums sur l’esplanade du Stade de l’Amitié, ce jour jeudi 21 juin et le samedi 23 juin. Tel est le
programme de la célébration de la fête de la musique à Cotonou. L’édition 2007 de la fête est coordonnée par Richmir Totah, président de la Fédération des Associations d’Artistes du Bénin, (Faaben).
Sessi T.
Ils ont pris eux-mêmes l’initiative de s’inscrire dans la logique de la fête de la musique. Ils veulent faire de la musique et offrir le meilleur d’eux aux populations béninoises. Une fiesta populaire en sorte. C’est ce qu’on voulu les artistes béninois, cette année pour corriger les mauvais tirs des éditions passées. Il n’est plus question pour cette corporation de se laisser mener par une administration, qui calque des manifestations hors concept.
L’ensemble des artistes musiciens sous la coordination de la Faaben a décidé de donner deux concerts gratuits avec plus de cinquante artistes par plateau sur l’esplanade du Stade de l’amitié. Un programme, qui selon Richmir Totah, président de la Faaben a reçu le soutien du Ministère de la culture, qui accompagne totalement l’initiative des artistes de la chanson au Bénin. Il s’agit d’une initiative, qui ne s’arrête pas seulement à Cotonou a précisé le Président de la Faaben. Pour lui les artistes des différentes localités du Bénin prendront le relais suivant une planification de leur choix. Toutefois la fête de la musique de cette année recevra un cachet spécial, car le discours officiel du ministre de la culture sera prononcé lors du premier géant concert de ce jour. Un changement positif auquel il importe de souligner, quand on sait que les différentes autorités en charge de la culture s’y dérobent à chaque occasion, laissant les artistes à leur propre sort. Dans cette marche, l’organisation de la fête de la musique 2007 au Bénin a reçu aussi le soutien de la Mairie de Cotonou et de la Société Béninoise de Brasserie. La fête sera donc populaire avec toutes les sonorités ! Un rendez à ne pas rater.
Autres détails sur la fête de la musique
Une fête de toutes les musiques pour tous les publics
Elle mêle tous les genres musicaux et s'adresse à tous les publics, avec pour objectif de populariser la pratique musicale et de familiariser jeunes et moins jeunes de toutes conditions sociales à toutes les expressions musicales. Elle est l'occasion de dialoguer librement en musique.
Une fête gratuite et ouverte
Les musiciens sont invités à se produire bénévolement, et toutes les manifestations sont gratuites pour le public, qu'elles aient lieu dans les salles ou en extérieur. Son territoire privilégié est le plein air, les rues, les places, les jardins, les cours d'immeubles, de musées, ou de châteaux... mais la Fête de la Musique est également l'occasion de suggérer aux grandes institutions musicales (orchestres, opéras, choeurs, etc.) de sortir de leurs murs, ou au contraire d'accueillir d'autres genres musicaux.
Elle offre la possibilité de créer des courants d'échanges entre les centres-villes et leur périphérie, de proposer des concerts dans les hôpitaux ou dans les prisons, de développer les rencontres et les échanges.
Lancée en France, en 1982, la Fête de la Musique est devenue une fête européenne et internationale, présente aujourd'hui dans plus de 100 pays sur les cinq continents, chaque 21 juin.
Si l’impulsion et le dynamisme du réseau culturel français à l’étranger (service culturel des Ambassades de France, Instituts et Centres culturels français et Alliances Françaises) ont contribué fortement à ce développement international, nombreux sont les acteurs locaux (Ministères de la Culture, Municipalités, Régions, professionnels de la musique, associations artistiques, etc.) qui s’impliquent désormais dans l’organisation de l’événement. Par exemple, en Europe, un réseau d'opérateurs et de structures institutionnelles s'est constitué et forme l'association de la Fête européenne de la Musique. Parallèlement, les initiatives foisonnent en dehors de ce réseau. En s’adaptant aux spécificités culturelles de chaque pays, la Fête a su s’inventer, se réinventer et devenir une manifestation musicale internationale emblématique.
Source : www.fetedelamusique.culture.fr
La Fête de la Musique n'est pas un festival. C'est une grande manifestation populaire, gratuite, ouverte à tous les participants amateurs ou professionnels, qui souhaitent s'y produire et accessible chaque année à des millions de personnes qui constituent le plus curieux et le plus disponible des publics.
mardi 19 juin 2007
Djimon Hounsou, un Africain à Hollywood
L’acteur franco-béninois en interview exclusive sur Afrik.com 
Premier Africain nomminé aux Oscars
Djimon Hounsou a tourné, à Hollywood, devant la caméra de réalisateurs prestigieux tels que Steven Spielberg ou Riddley Scott. Cette année, il a été nominé aux Oscars pour son rôle dans Blood Diamond, d’Edward Zwick. Quels sont ses projets ? Quel regard porte-t-il sur l’Afrique et le cinéma africain ? Met-il sa renommée au service du continent ? L’acteur franco-béninois, de passage à Cannes, répond aux questions d’Afrik.com.
Djimon Hounsou, 43 ans, est aujourd’hui l’acteur africain de référence à Hollywood. Originaire du Bénin, il s’est installé à Paris à l’âge de 13 ans. Quelques années plus tard, remarqué par le couturier Thierry Mugler pour son incontestable beauté plastique, il est devenu mannequin. Puis, rêvant de devenir acteur, il est parti à Hollywood où il a dès son arrivée, en 1990, commencé à tourner. Il a été révélé au grand public en 1997 par Amistad, de Steven Spielberg, dans lequel il a joué le rôle Cinque, un africain capturé au XIXe siècle par des négriers et qui s’est révolté. Puis il a fait plusieurs apparitions remarquées dans des super productions, dont Gladiator de Ridley Scott, en 2000. Nominé une première fois aux Oscars en 2004, pour son rôle de peintre dans In America, il l’est une seconde fois cette année, dans la catégorie Meilleur second rôle, pour sa prestation dans Blood Diamond. Un film qui dépeint la violence dans laquelle l’exploitation et le commerce des diamants ont plongé la Sierra Leone. la Warner Bros.
Le film Blood Diamond a été un succès planétaire. Que tirez-vous de cette expérience ?
Dans le film, j’ai été un instrument qui a servi à dévoiler le problème de la production des diamants en Afrique, à toucher certaines réalités qui déchirent le continent : l’exploitation des enfants, les personnes déplacées… J’ai toujours voulu être dans une histoire qui pouvait dénoncer ces fléaux, dénoncer aussi la façon dont certains businessmen se conduisent. Alors, j’ai sauté sur ce rôle.
Dans le film, vous interprétez le rôle de Solomon, un père qui, au péril de sa vie, part à la recherche de son fils capturé par des militaires et transformé en enfant-soldat. Je suppose que ce rôle été très éprouvant…
En tant qu’acteur, ça a été bouleversant. Ca a été l’un des rôles les plus difficiles que j’ai jamais joué. De plus, cette expérience a été très dérangeante. Le tournage a eu lieu essentiellement en Afrique du sud et au Mozambique. Et après le travail, c’était très dur, très éprouvant de voir dans quelles conditions vivaient les Africains qui nous aidaient à tourner le film.
Hoolywood s’intéresse de plus en plus à l’Afrique. Récemment, il y a eu la sortie de Blood Diamond, mais aussi Le Dernier roi d’Ecosse de Kevin Macdonald qui dresse le portrait du dictateur ougandais Idi Amin Dada. Certains disent que les studios américains font des films sur l’Afrique et ses plaies juste pour se remplir les poches, et qu’ils ne règlent aucun problème. Qu’en pensez-vous ?
Oui, l’Afrique est peut-être une nouvelle source d’argent pour eux. Mais Hollywood n’est pas là pour régler des problèmes qui sont là depuis des siècles. Je ne vois vraiment ce que Hollywood peut arranger. Au mieux, les films peuvent éduquer, dévoiler certains problèmes au grand public. Mais Hollywood n’a pas la prétention de résoudre les soucis des Africains. L’ONU est là pour ça. Chacun son rôle.
Certains acteurs hollywoodiens s’engagent en faveur de l’Afrique. George Clooney, Don Cheadle et Angelina Joly, par exemple, défendent la cause des réfugiés du Darfour. Est-ce que, vous aussi, vous vous servez de votre renommée pour aider l’Afrique ?
Une action humanitaire ? Oui. Depuis que Bono (le chanteur du groupe de rock U2, ndlr) m’a demandé de l’aider à convaincre les pays développés d’annuler la dette des pays pauvres, je me suis engagé. Je milite au sein de l’organisation OXFAM qui travaille à équilibrer les échanges entre pays pauvres et pays riches. Il y a quelques semaines, j’étais à Washington pour faire prendre conscience aux parlementaires de ce qui se passe au niveau de l’Organisation mondiale du commerce et du mal que ça fait à l’Afrique et au tiers-monde. Pour l’octroi de subventions, les Etats riches changent les règles quand ça les arrange. Donc les pays pauvres qui cultivent le riz, le coton, etc., de vendre leurs produits moins cher que leur prix de revient. Il faudra prendre en compte ce problème pour établir de nouvelles lois du commerce.
Après avoir été nominé aux Oscars en 2004 pour votre rôle de peintre mystérieux dans In America, vous l’avez été une nouvelle fois cette année pour l’Oscar du meilleur second rôle dans Blood Diamond. Que vous a apporté cette distinction ?
Cette nomination m’a permis d’être un peu plus respecté à Hollywood. Quand vous êtes nominé une première fois, tout le monde dit : « quelle chance ! » Mais lorsque vous l’êtes une seconde fois, vous êtes pris au sérieux.
La vie d’acteur à Hollywood vous plaît ?
Il n’y a pas grand-chose à ne pas aimer dans la vie que je mène à Hollywood. La seule chose que je regrette c’est la difficulté que j’ai à tourner dans des histoires qui m’intéressent. Mais ça, c’est valable pour tout le monde. Non, franchement, ma vie est belle. Je suis le premier africain nominé aux Oscars, donc j’espère que ça m’aidera à faire de belles histoires.
Mercredi, au Festival de Cannes, des réalisateurs et producteurs africains ont regretté publiquement l’absence de film africain dans la compétition officielle. Ils ont aussi souligné que depuis 10 ans, aucun film africain n’a été sélectionné pour la Palme
Non, ça ne me choque pas vraiment. Il n’y a pas énormément de films produits en Afrique. Ce qui me choque c’est plutôt que personne ne finance de films africains capables d’intéresser l’Europe et les Etats-Unis. C’est à nous de voir comment faire pour y arriver, et c’est une entreprise difficile. Vous savez, aux Etats-Unis, Blood Diamond a bien marché, mais nous nous attendions à mieux que ça. Heureusement, le film a eu beaucoup de succès dans le reste du monde, ce qui a compensé les chiffres un peu décevants des Etats-Unis.
L’on ne vous voit pas dans les films africains. Pourquoi ? Est-ce parce que vous êtes devenu un acteur trop cher ?
Ce n’est pas qu’une question d’argent. Ce qui me pose problème, c’est surtout l’intégrité des projets. Maintenant, je veux faire des films de haut niveau, pas des films minables. Je me suis donné beaucoup de mal pour arriver là où je suis maintenant. Je ne vois pas quel intérêt j’ai à faire de petits films sans dimension. Donc tant que des Africains ne me proposeront pas de films sérieux et ambitieux, j’éviterai de travailler avec eux.
Mais essayez-vous, personnellement, de développer le cinéma africain ?
Oui, j’ai une compagnie de production, Belly Serpent Productions, qui développe des projets. L’un d’entre eux sera tourné par un grand réalisateur. Je ne peux pas encore en parler. Mais si je suis à Cannes en ce moment ce n’est pas que pour me reposer. J’y suis aussi pour prendre quelques rendez-vous et rencontrer des personnes qui pourront m’aider à concrétiser ces ambitions.
Source : www.afrik.com
Tournage du film « Pourquoi moi »
La révolution du septième art continue chez « Laha Production »
Après le succès retentissant du film « Abéni » son premier long métrage, la machine de production du label « Laha films » passe à la vitesse supérieure avec la fin du tournage d’un sixième film intitulé « Pourquoi moi ». Une révolution qui s’opère avec la complicité du prolixe réalisateur nigérian Tundé Kelani.
Sessi T.
Silence ça tourne ! Répété autant de fois depuis le 25 avril dernier sur les plateaux du tournage, ce bout de phrase
enfantera dans les tout prochains jour le sixième film « Pourquoi moi » produit par le label « Laha Production ». Il s’agit d’une mutation qui s’opère de par la qualité et la quantité de la production de films chez cette jeune structure de production. Elle exprime aussi la passion d’un homme, dont la vision est de faire du Bénin, un carrefour du cinéma en Afrique.
Long métrage à l’image de « Abèni », le film « Pourquoi moi » enseigne les valeurs de la tolérance et de la dignité. Il a rapport aux questions existentielles comme l'amour, la trahison, l'amitié, mais surtout le pardon. Toujours fidèle à sa logique de brassage interculturel et de promotion du panafricanisme, Abdel Akim, promoteur de « Laha Production » a ouvert le casting à des acteurs de diverses nationalités. Ainsi, en dehors de Zack Ordji du Nigeria, on y retrouvera des acteurs comme : Nastou et Gowou de la Côte d'Ivoire. Il a été également fait appel à Sébastien Davo et Euloge Béo Aguiar, des comédiens bien connus du public béninois.
Dans l’esprit de Abdel Hakim AMZAT, PDG du Groupe LAHA, et acteur principal de « Abéni » et de « Pourquoi moi », il est important d’ouvrir les castings et de faire collaborer des acteurs de différentes nationalités africaines, pour que l’unité africaine tant prônée par les politiques et qui tarde à se concrétiser, trouve un bout de réalité à travers la culture, notamment le cinéma.
A sa sortie Pourquoi moi, tourné en HD, fera le tour des grandes salles de cinéma en Afrique avant d’être disponible en format home vidéo. L'équipe tourne actuellement à Cotonou, la capitale économique du pays. D'autres scènes seront également tournées dans une des grandes villes du Nord du pays, notamment Parakou. De bons moments de cinéma en perspective !
Appui aux initiatives culturelles au Bénin
Le Psicd lance le premier appel aux projets
La structure opérationnelle du Programme de Soutien aux Initiatives Culturelles décentralisées (Psicd) a procédé vendredi 25 mai dernier au lancement du premier appel à projets pour évaluation pour le compte de l’année 2007. C’était à l’occasion de la séance mensuelle du mois de mai du « Vendredi des Artistes ».
Sessi T.
Du 25 mai au 31 juillet 2007. C’est la période retenue par la structure opérationnelle du programme de soutien aux initiatives culturelles décentralisées (Psicd) pour recevoir les projets des acteurs culturels pour évaluation. Ce programme dispose en effet au titre de l’année 2007, d’une enveloppe de trois cent (300) millions de francs cfa pour subventionner les projets retenus. Pour Babacar Ndiaye, coordonnateur du Psicd, les critères de sélection se reposent sur le principe de la transparence et de l’égalité de chance, qui reste une des exigences de l’Union Européenne, qui finance le programme. Selon la même source, il sera aussi tenu compte de la clause de répartition géographique. Dans ses explications le premier responsable du Psicd au bénin a fait savoir qu’il s’agit d’une subvention en cofinancement où le Pscid supporte 85% du coût éligible et le porteur de projet 15%. Dans ce schéma le plancher des budgets éligibles est de dix millions avec un plafond de 30 millions. L’éligibilité des projets prend aussi en compte de la durée des actions, qui doivent être comprises entre 3 et 12 mois. Seules les structures organisées dans le domaine de la culture sont éligibles à cette opération d’appui aux actions culturelles au Bénin.
Pour ce premier appel à projet, seuls les domaines relatifs à l’animation des espaces culturels, du livre et l’écrit ; des arts vivants et de la production audiovisuelle sont retenus par le programme. Babacar Ndiaye a rassuré les acteurs culturels de toutes les dispositions communicationnelles afin d’assurer une large diffusion de l’information. Il a par ailleurs signalé que des séances d’informations et de conseils seront aussi organisées à l’intention des acteurs culturels. Autant d’éléments qui peuvent aussi être consultés sur le site Internet du programme à l’adresse www.psicd-benin.net. Aux acteurs culturels, il ne reste qu’à dire : à vos initiatives ; prêts partez !

