Rechercher sur AfrikBlog

Blog de Sessi

Ce blog est dédié à la Culture, aux Arts et au Tourisme du Bénin.

jeudi 16 novembre 2006

Entretien avec Richmir TOTAH, Coordinateur du Vendredi des Artistes

« J’invite les artistes à l’union pour relever les grands défis de la promotion de la culture au Bénin »Richmir_Totah_web

Mis en place depuis cinq ans, le projet « Vendredi des artistes » reste un creuset d’information et de rencontre des artistes Béninois. Dans la foulée des activités de fin d’année Richmir TOTAH, promoteur culturel et coordinateur du projet revient dans cet entretien sur le concept du projet, les motivations, le parcours et les perspectives. Il n’a pas non plus ocultuer de souligner les actions phares qu’il entend mener pour son nouveau mandat de président de la Fédération des Associations d’artistes du Bénin.

Pouvez-vous nous dire ce que l’on doit comprendre du projet Vendredi des Artistes ?

Le projet a été mis en place en sepltembre 2000 par le ministre Gaston Zossou, alors ministre de la culutre et de la communication. Il existait en ce moment un grand déficit communicationnel entre les artistes d’un côté et les administratifs de l’autre côté. Impossible était donc le dialogue où chacun de son côté spéculait. Les artistes surtout n’ayant pas accès aux informations de la politique culturelle du gouvernement tempêtaient. Les acteurs étatiques n’ayant pas non plus des interlocuteurs ignoraient les aspirations réelles des artistes. Le projet est née de cet état de chose pour corriger un temps soit peu le grand fossé de communication. Alors à chaque dernier vendredi du mois mois un thème est choisi et débattu avec un orateur principal et les artistes. C’est aussi un canal pour permettre alors aux autorités en charge de la culture de livrer des informations stratégiques sur la polituque culturelle de notre pays. Après cinq ininterompus d’activités, je suis bien fier de vous dire que la mission assignée au projet est bien remplie au point où une nouvelle orientation vient de lui être donnée notamment pour assurer la formation des artistes par des thèmes spécifiques.

Eh bien parlez-nous justement de cette nouvelle vision du projet vendredi des Artistes !

Dans le soucis de capitaliser la notoriété acquise par le projet, grâce à la qualité des intervenants, la pertinence  thématique des différentes séances, les artistes ont souhaité de lui ajouter une autre prérogative. Celle d’assurer des formations spécifiques notamment dans la gestion des entreprises culturelles. Dès lors après avoir permis aux différents acteurs culturels de reprendre langue, Vendredi des Artistes est devenue une autre école d’apprentissage et de prise de responsabilité des artistes, qui découvrent aujourd’hui toutes les opportunités qui leur sont offertes dans le sens de l’amélioration de leurs conditions de travail et de vie. Par ailleurs par manque de financment le processus de décentralisation des séances n’a pu voir le voir. Car l es artistes de l’intérieur du pays ont à maintes reprises demandé que des séances se déroulent également in situ dans leur localité. Toutefois j’ai confiance que avec le gouvernement du changement, nous y arriverons.

Quel bilan peut-on faire après ce long parcours de combattant ?

Le chemin parcouru est peu mais à la fois long. Peu parce que en cinq ans tout ne peut pas être fait. Cependant nous avions pu avec le soutien du ministère de la culture, des artistes et surtout des journalistes culturels, obtenus des résultats concrets. D’abord sur les relations entre artistes et autorités du minstère de la culture est devenue des plus normales au point où le climat de suspision est totalement apaisé. Les artistes sont de plus en plus écoutés et associés aux processus de prise de décision les concernant. Dans la foulée le Vendredi des artistes a favorisé aussi la mise sur pied de la Fédération des Associations d’Artistes du Bénin, du Conseil national des Arts, du la mutuelle de crédit. Nous avions asurer aux artistes des formations sur l’entreprenariat culturel et les processus d’élaboration de projets culturels bancables avec à la clé les différents circuits de financement. Par ailleurs beaucoup beaucoup de personnalités et d’experts sont en permence sollicités pour apporter leur savoir faire aux artistes. D’ailleurs on attend pour la fin du mois de novembre un expert du suivi des projets culturel qui doit entretenir les artistes sur le thème : « les entreprises culturelles comme levier de croissance économique ». Au mois de juin nous avions reçu aussi l’économique Victor Fakèyè, qui une fois encore a démontré comment l’art et la culture restent une matière première pour l’entreprise culturelle. La liste est bien longue. Toutefois le chemin est long car les difficultés de toutes sortes n’ont pas manqué d’entraver le bon fonctionnement des activités. Le plus réccurents est la mise à disposition des subventiosn de l’Etat et le mécanisme de déblocage des fonds.

Justement vous évoquiez le nom de la Faaben, nous savons aussi que vous veniez d’être élu par vos pairs président de cette prestigieuse fédération. Dites nopus avant qu’on mette un terme à cet entretien vos priorité pour cette nouvelle fonction ?

Je voudrais d’abord signaler que la Faaben est une organisation faitière qui aujourd’hui regroupe une vingtaine d’associations d’artistes d’envergue nationale de toute corporation et constituent une force de propostion  et action. Il est clair que sans union nous ne pouvons pas parler d’une seule voix pour défendre les causes corporatistes. C’est pourquoi ma première priorité est de tenter et de réussir sur la base d’un dialogue francs et d’ouverture d’esprit l’union de la grande famille des artistes. A ce sujet précisément, j’invite les artistes à l’union pour relever les grands défis de la promotion de la culture au Bénin. L’autre chantier serait aussi de participer aux grands débbats culturels dans le monde où chaque peuple tend à protéger sa culture avec le concept d’identité culturelle. Nous déteminerons la part du Bénin dans ce débat qui invite aussi les peuples avec la diversité culturelle. De façon conrète, il est primordiale pour nous d’organiser avant la fin de l’année, la semaine de l’artiste qui sera fait de débats de table ronde de spectales et toutes autres manifestions d’expressions artistique et culturelle dans le but d’expliquer au public le rôle de la culture dans le développement. Il s’agit aussi d’imprimer aux artistes une nouvelle vision de la gestion des activités culturelles. Lentement nous parviendrons à des saisons artistiques et culturelles pour que les artistes soient désormais acteurs de leur destin. Notre combat sera aussi d’éviter aux autorités d’envoyer n’inporte qui à la tête du ministère de la culture. Nous parviendrons à l’image des autres ministère à avoir des hommes de culture pour conduire la destinée de la culture. Cela reste un travail de longue haleine qui implique la participation de tous.

Posté par tsessi à 22:18 - Actualités - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Décès de l’artiste Eskill Lohento

Le Bénin perd son « rossignol »

Eskill_LohentoDans la consternation totale, la famille des artistes béninois a appris, le vendredi 10 novembre 2006 dernier,  la mort de Eskill Lohento, chanteur principal du Tout Puissant Poly Rythmo, l’orchestre musical des années de gloire du marxisme léninisme béninois. Un décès survenu tôt le matin à suite d’un malaise. Et pourtant, il venait de faire son dernier show musical à la clôture de la fête de la bière le 1er novembre 2006. Les mélomanes Béninois s’en souviendront toujours.

Sessi T.

Le rideau est tombé ! Une page vient d’être tournée pour l’orchestre « Poly Rythmo » de Cotonou, par le décès de Eskill Lohento. A 57 ans, il vient de laisser derrière lui tout un héritage musical pour cet orchestre qui a fait la gloire et la fierté du Bénin dans les années 70. Quand j’ai  eu la chance de l’interviewer chez lui dans le cadre de la sortie du disque « Poly Rythmo Nouvelle formule », un dimanche après midi du mois de mai 2004, il me confiait avec joie qu’il n’a pas dit son dernier mot dans l’arène musical : « le Poly Rythmo n’est pas mort et on n’a pas fini de chanter » concluait-il. Il n’a vraiment pas fini quand on sait que le mercredi 1er novembre dernier, il faisait un grand show musical à la clôture de la fête de la bière sur la scène du centre de promotion de l’artisanat.

Seulement, l’auteur de la chanson mythique « Nini » ne peut plus reprendre son show qui embrase la scène. Il vient de tourner le dos à cette scène pratiquement le micro à la main, laissant derrière lui une famille de 9 enfants. Les mélomanes se souviendront toujours de sa voie de rossignol qui ensorcelle et envoûte le cœur des spectateurs. Ils se souviendront encore et toujours de ses pas de danse qui font de lui une véritable bête de scène.

Les circonstances du décès

La mort de Eskill Lohento est intervenue tôt le matin à sept heures le vendredi 10 novembre 2006. Sentant des  malaises, il demanda à son fils d’aller lui chercher le médecin. A cet instant, ce dernier fit signe à son grand frère qui lui indiquait d’aller chez le médecin et qu’au cas où il serait indisponible de louer un taxi pour l’amener dans une clinique. Mais entre la quête du médecin et l’arrivée du grand frère, l’artiste rendit simplement l’âme dans son lit. Selon des sources proches de la famille, tout s’est très vite passé en l’espace d’un quart d’heure. La même source indiquait que l’artiste ne présentait aucun signe de maladie, ni de malaise la veille.

Qui est Eskill Lohento ?

Compagnon fidèle de Clément Mèlomé, Eskill Lohento a été de tous les combats de l'orchestre Tout Puissant Poly Rythmo dont il est le vocaliste principal. Il a partagé les bons moments de gloire, d'apothéose et de morosité de cet orchestre. Né en 1951 à Cotonou, il fut très tôt orphelin de mère à l'âge de dix ans. Faute de soutien, Eskill s'adonne à la musique pour se maintenir.

Découvert par l'accordéoniste Clément Mèlomé, il a commencé par s'illustrer en 1964. Sa participation active à l'émission récréative des enfants à radio Dahomey avec Cécile Robert, l'a révélé au public. En 1965, il intégra le groupe « Sunny Black Band » de Crépi Wallace. Et ce fut le début d'une aventure sans fin, qui a fait de lui, un rossignol de la chanson béninoise dans les années 60 et 70.

Succession de compositions, d'interprétation et de sorties sur scène dans les différents night club de Cotonou dont « la canne à sucre ». Malgré sa première composition « Gbèminho » en 1965, c'est plutôt avec la chanson « Agbaza min mè » que Eskill a connu un franc succès à partir de 1977, après le festival « Festac » de Lagos avec le T.P Poly Rythmo. Entre 1978 et 1980, il donnait de la sueur froide à Johnny Halliday quand il interprétait sa chanson « Le Pénitencier ». « Quand je chantais « le Pénitencier » Johnny me donnait de l'argent. » confit-il.

Une chose est sûre, sa voix a bercé beaucoup de mélomanes et lui a valu l'estime de bon nombre d'artistes de la chanson française de l'époque. On se rappelle encore ses interprétations en fon de la chanson « le film est triste » et qui a donné le célèbre morceau « Nini ».

Eskill Lohento en chiffres, c'est une quinzaine de compositions, plusieurs grandes apparitions sur scène au Bénin, en Afrique et au Cuba. Marié, il est père de neuf enfants dont deux filles.

Posté par tsessi à 22:08 - Musique - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1