mercredi 8 novembre 2006
Marcelle Johnson, responsable accueil de Open Services International (OSI)
« J’invite les Béninois à jouer nombreux à la loterie visa USA pour accroître le taux de succès
de notre pays »
Partir pour les Etats-Unis légalement n’est plus un rêve, mais plutôt une réalité avec la loterie visa que lance chaque année le Département d’Etat Américain. Cette année l’opération a démarré depuis le début du mois d’octobre et s’achèvera le 03 décembre prochain. Mais avant la fin de l’opération, Marcelle Johnson, responsable accueil de Open Services International, une des sociétés conseil et assistance pour la transmission des dossiers, nous donne volontiers dans cette interview plus d’éclairage sur ce qu’est la loterie visa des Etats-Unis et le processus de participation au jeu. Tout en rassurant la population béninoise de la qualité des prestations de sa société, elle l’invite à jouer massivement dans les meilleurs délais pour éviter les désagréments de dernière minute. Marcelle Johnson revient aussi sur les différents produits qu’elle met à la disposition de la clientèle pour maximiser les chances de succès à la loterie. Décryptage !
Quelles sont les objectifs de la loterie Visa qui constitue l’essentiel de votre activité sur votre site du Hall des Arts ?
Comme vous pouvez vous en rendre compte, le département d’Etat Américain organise chaque année grâce à « Diversity Visa Lottery » un jeu pour permettre à des citoyens non américains d’obtenir le visa américain à vie pour étudier, travailler et même résider en permanence aux Etats-Unis en toute légalité et à titre gracieux. Cette année il sera délivré 55.000 visa d’entrée permanente aux USA. Notre rôle ici sur le site du Hall des arts consiste à apporter assistance et conseil aux populations afin qu’elles puissent envoyer des dossiers de qualité conformes aux normes du département d’Etat des Etats-Unis. Car nous nous sommes spécialisés au niveau de la société Open Services International dans la préparation et la soumission des candidatures auprès du département d’état Américain. Cette année l’opération est lancée par le programme DV électronique depuis le 04 octobre et prendra fin le 03 décembre 2006.
Comment participe t-on alors au jeu de la loterie visa USA?
Il suffit de faire le déplacement au Hall des arts sur notre site, remplir la fiche d’inscription, obtenir sa photographie et payer les frais de service qui s’élèvent à trois mille francs cfa. Une fois l’opération terminée nous transmettons les informations et le joueur reçoit immédiatement en quelques minutes son accusé de réception.
Quelle est alors l’issue de cette opération ?
A la clôture de l’opération, il est procédé à une présélection des dossiers conformes puis à une sélection. A cette étape les postulants retenus par le département d’Etats des USA reçoivent un courrier postal, qui le leur notifie, et ils prennent toutes les dispositions pour leur départ en terre américaine. Je voudrais signaler aussi que depuis que nous exerçons dans ce domaine, la qualité de notre travail fait que tous nos dossiers sont toujours présélectionnés. Car l’exigence du dossier reste la photographie. Nous avons sur notre site des spécialistes de photographie numérique qui garantissent la qualité excellente des images. Ce qui fait que la plupart de nos dossiers est présélectionné.
Comment pouvez-vous certifier cela ?
« A bon vain point d’enseigne » dit-on. Nous respectons simplement les normes demandées par le département d’Etats
des Etats-Unis. D’ailleurs, je vous indique que des clients qui ont l’équipement Internet à la maison n’ont pas pu envoyer leur dossier. Mais après avoir fait un tour chez nous le dossier est transmis en 10 minutes. Par ailleurs le dimanche 29 octobre 2006 dernier nous avions reçus la visite inopinée des officielles de l’ambassade des Etats-Unis, qui après nous avoir écouté ont témoigné du sérieux et de la qualité de nos prestations. Par ailleurs nous avons beaucoup de gagnants qui ont aussi témoigner de leur succès à la loterie.
Peut- on avoir une idée des différents produits que vous proposez aux clients ?
Nous avons environ cinq types de produits pour permettre aux différents membres d’une famille d’accroître leur chance. En dehors du produit simple pour une seule personne, les couples disposent du jeu simple ou croisé. Le premier qui permet à un élément du couple de jouer avec un seul dossier, le second offre la possibilité aux deux membres du couple de jouer avec deux dossiers. Il est aussi possible aux couples de jouer avec le même principe en rapport à leur enfant.
Un message à l’endroit des populations béninoises !
Je demande simplement aux Béninois de sortir massivement pour venir jouer et accroître les chances de réussite. Car plus le volume de participation augmente plus la probabilité de nombreux gagnants serait forte. Il faut noter que le Béninois ne jouent pas autant comme les autres. Comme statistique on retient qu’en 2005, seulement 218 Béninois ont été sélectionnés contre 1592 pour le Togo, 9849 pour le Nigeria, 3088 pour le Maroc, 7229 pour l’Egypte et 6871 pour l’Ethiopie.
Séance du « Vendredi des artistes » du mois d’Octobre
Les artistes Béninois démontrent aux gouvernants la portée de la culture dans le développement
Comment la culture peut réellement contribuer au développement du Bénin. Telle a été la préoccupation de la séance mensuelle du « Vendredi des artistes » du mois d’octobre, qui a eu pour conférencier Koffi Gahou, artiste sculpteur, comédien et directeur de la galerie Bikoff. C’était vendredi dernier au siège du Fitheb à l’ex ciné vog.
Sessi T.
La culture est au début et à la fin de tout processus de développement. Voilà la trame de la plaquette intitulée « Culture Développement Démocratie au Bénin » et qui a fait l’objet de la rencontre mensuelle des artistes baptisée « Vendredi des artistes ». L’orateur Koffi Gahou, avec sa verve habituelle, n’est pas allé par quatre chemins, pour démontrer comment la culture est le socle du développement et par conséquent, ne mérite pas le peu d’attention qu’on lui donne aujourd’hui par les différents gouvernements depuis le renouveau démocratique. « Il existe un mot, un concept très brièvement évoqué dans les discours et préoccupations politiques. C’est le substantif Culture. De gros efforts sont souvent faits pour le citer –juste pour le citer- une formalité qui ne connaît pas un développement conséquent. Pourtant c’est la culture qui se trouve à la base du développement et aussi de la démocratie » constate-t-il d’entrée.
Un constat bien déplorable lorsqu’on sait, rappelle le conférencier que « les grands systèmes économiques sont accrochés à des données culturelles bien spécifiques ». Pour lui le Bénin ne décollera si ses autorités politiques ne revoient pas leur copie en cessant de considérer la culture comme la dernière roue de la charrette ou comme une donnée abstraite illusoire. « La culture n’est pas aussi abstraite qu’on l’imagine. C’est un concept dense et palpable. Ce sont des comportements traditionnels fondamentaux, classiques et contemporains lisibles sous différents aspects dans la société béninoise où le développement véritable tarde à progresser… » explique – t-il.
Prenant appui sur la culture de la paix et l’esprit de tolérance, Koffi Gahou a démontré comment la culture reste une donnée fondamentale dans la réussite du processus démocratique au Bénin. Par transposition, il indique qu’elle reste un puissant outil pour le décollage économique de notre pays.
Il exhorte à ce sujet, les autorités à accorder une attention plus soutenue aux « travailleurs culturels » en parlant des
artistes, qui sont considérés dans notre société comme des oisifs ou des moins que rien. Il a plaidé pour que le statut de l’artiste béninois soit une réalité afin que les « travailleurs culturels » disposent des prérogatives à l’image des autres corps socio professionnels du Bénin.
Richmir Totah, coordinateur du projet a, de son côté, souligné les difficultés qui ont conduit à la suspension pendant 2 mois des séances du « Vendredi des artistes ». Il a aussi remercié le ministre de la culture pour la diligence avec laquelle il a pris en main le dossier afin que le budget soit débloqué pour faciliter le bon déroulement des séances. Il a porté à l’attention des artistes que le prochain thème portera sur les industries culturelles comme leviers de croissance économique.
Représentation de la pièce « Collectionneur de vierge »
Les beaux délices de Tala Koukoui sur la planche
Vendredi dernier, le public de Porto-novo, la capitale du Bénin a eu droit à la première représentation de la pièce « collectionneur de vierges » de Florent Couao-Zotti, mise en scène par Tola Koukoui. C’était à la maison internationale de la culture.
Sessi T.
Emotion ! Forte émotion ! Ovation ininterrompue ! Voilà la scène qui a prévalue à la fin de la première représentation de la pièce « Collectionneur de vierges » de Florent Couao-Zotti et mise en scène par Tala Koukoui du théâtre Kaidara. Personne en tout cas moi, je n’oserai affirmer avoir perdu une soirée.
Je dis simplement que c’est une soirée réussie par la beauté de la représentation qui une fois encore fait plonger le spectateur dans son univers de tous les jours. La pauvreté. La beauté. L’instinct de survie. La solution de facilité. La violence. L’abus sexuel. Tout est presque revisité par le metteur en scène pour éduquer le public à travers la comédie et la réflexion.
Une mission que Tola koukoui a merveilleusement rempli du fait du choix de ses personnages incarnés par des comédiens talentueux de la place. Ernest kao, dont l’incarnation de son rôle de mari promis par la tradition à Bintou, ne cesse de faire admirablement rire au public de Porto-novo, qui a fait le déplacement de la Maison Internationale de la Culture.
La pièce « Collectionneur de vierge » est le récit de la tragédie de Bintou, une fille de 16 ans belle et pauvre. Orpheline de père, elle vit avec sa mère, et son frère Oumarou, un casse pied, mieux un adolescent livré à lui-même. Bintou, voulant s’affranchir de la tradition et s’offrir le luxe de la modernité ne trouve comme unique solution, que d’aller dans les bras de Agbon, un riche polygame et collectionneur de vierges.
L’intrigue de la cette pièce s’installe lorsque Oumarou, délégué testamentaire s’acharne à faire respecter la volonté de son père, celle de faire aboutir le mariage promis entre Issa et Bintou. Une façon pour Oumarou de sauver l’honneur de la famille souillé par la perte de virginité de Bintou, engrossée par Agbon. Pour s’échapper des griffes de Oumarou et de Issa, résolus à la conduire au village pour le mariage, Bintou prend la clé des champs pour retrouver Agbon, son « sauveur ». Suivants ses traces, Bintou fut rattrapée par Oumarou et Issa. Une violente discussion s’installe. Ne pouvant plus tenir tête à la tradition Bintou accepta d’abandonner Agbon pour se plier à la tradition. Ne pouvant accepter la honte Agbon tira un coup de pistolet et Bintou trouve la mort. Pour se faire vengeance la mère de Bintou rendra aussi le coup à Agbon en lui tirant une balle dans la tête. Un fin bien tragique que celle de Bintou, une belle créature vouée à un « bel avenir certaine » !
Cependant au-delà de l’esthétique de la langue et de la belle mise en scène, la première représentation de « Collectionneur de vierges » pose un problème de la scénographie fonctionnelle. Le seul décor de la scène devant servir à multiples usages fait perdre le rythme et la suite de la pièce au spectateur. La scène telle que montée ne permet pas la fluidité dans l’enchaînement des intrigues. Le temps de planter un autre décor pour une autre scène fait refroidir l’ardeur des comédiens et des spectateurs qui sans un flash back perdrait facilement le fil de la pièce.
L’autre inconvénient de la scène est cet rangement de rideau blanc, qui ne finit pas et qui donne des éléments indésirables dans le fond de la scène. Il va falloir revoir la scénographie de la représentation.
De plus le costume de Oumarou, habillé, style citadin en blue-jeans griffé « Nike », comme un yankee contraste nettement avec le personnage d’un jeune peulh, soucieux du respect de la tradition. A ce niveau la copie doit être revue afin que la bonne sauce de Tala Koukoui soit la meilleure de la saison théâtrale qui s’ouvre !

