La musique Rap au Bénin

BMG Yari signe son deuxième album solo « Guerrier bariba »Yari_Jaket 

Après « Bienvenue au Bénin », l’artiste béninois du rap, BMG Yari vient de produire son deuxième album intitulé « Guerrier Bariba ». Un opus entièrement dans la même veine rapologique que le premier. Résolument tourné vers la promotion des valeurs traditionnelles de notre pays, BMG apparaît plus engagé et se passe pour le défenseur de la cause des opprimés et des couches vulnérables.

Sessi T.

Une production d’une dizaine de titres engagés, produit par Alain Ajavon et enregistré sous le label Taka Crew records. Tel est la nature de la seconde réalisation discographique du rappeur Béninois BMG Yari. Natif de Tanguiéta dans le nord du Bénin (à environ 700 km de Cotonou), il n’a pas fini d’exprimer son talent. Au-delà de la fougue d’une jeunesse qui se défoule dans un pareil style de musique, BMG Yari apporte sa touche d’originalité : Défendre le bien et la cause des couches vulnérables. S’inscrivant dans une autre thématique, il révèle aussi dans cet album sa détermination à dénoncer la mauvaise promotion faite à la terre africaine, toujours présentée négativement dans l’opinion publique. C’est ce qu’il chante dans le morceau « farafina ». Pour lui l’Africain, est l’ennemi de l’Afrique, car il qui développe l’orgueil, toujours un facteur du sous développement.

Educateur et observateur de l’évolution des capitales africaine, le rappeur de Tanguiéta dénonce  l’effritement des valeurs morales notamment en ce qui concerne la virginité des filles. « Si on fait un retour dans le passé le taux de virginité des jeunes filles est de 85% dans la tranche de 20 et 25 ans. Malheureusement aujourd’hui, il est triste de savoir que à 14 ans nos jeunes filles perdent leur virginité » regrette l’artiste. Dans le titre « J’aime pas ça », il adresse un message de prise de conscience à la couche juvénile féminine africaine. Pour lui, « la pudeur est encore de rigueur dans la profonde Afrique ». Il va plus loin dans ce registre, et dénonce aussi la dépigmentation de la peau chez les femmes africaines. « Je vous préfère avec votre teint café » avoue-t-il dans sa chanson « Mademoizel », qui reste un hymne à la beauté africaine.

inside_album_2Sur tout un autre chapitre de son régal  musical, BMG Yari, fait l’éloge de la bravoure du guerrier bariba  en la personne du héros Bio Guerra. Toutefois il dénonce, la traîtrise de l’homme noire et sa complicité avec le Colon. « Ces Africains achètent des armes de leurs seigneurs occidentaux pour qu’on s’entretue Ces chiens pillent nos économies en diapason avec les pseudo-sauveurs qui sont les Etats-Unis et l’occident » dégaine-t-il. Il n’est pas non plus resté muet sur l’immigration clandestine et conseille à ses frères africains de retourner le miroir pour regarder autour d’eux  et chez eux où règne le véritable Eldorado, plutôt que d’aller mourir à l’image des cabris dans les eaux lointaines à bord des navires de fortune.

On retient que BMG Yari a déclenché la fièvre musicale en 1990 après ces premiers pas à la chorale Saint Michel  de Natitingou. Ce qui lui ouvre les voies avec une première signature « oya » avec le groupe Constat des Faits (CDF) en 2000. Depuis il prend la route en solo avec le pari d’offrir le meilleur de lui à ses fans.